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Alexandra Lamy : avec son téléfilm, elle lutte contre les violences faites aux femmes, ce jeudi sur TF1.

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Avec son téléfilm, Alexandra Lamy lutte contre les violences faites aux femmes.

 

À la fin d’une projection publique de Touchées, un homme s’est approché d’Alexandra Lamy :

« Je vais vous dire quelque chose d’extrêmement difficile. Parfois, j’ai été un peu dur avec ma femme. 

Elle fut interloquée : « Qu’est-ce que tu veux dire par un peu dur ? 

« Il m’est arrivé de la pousser, pour la gifler. Avoir vu ce film m’a bouleversé. Je ne me suis pas rendu compte, en fait, que c’est violent. »

Alexandra Lamy se souvient d’avoir vu ce spectateur tourner les talons et s’éloigner, visiblement bouleversé. 

« Je ne dis pas que je vais changer les agresseurs, mais mon film peut ouvrir des réflexions, dit-elle. Dans le système patriarcal, on nous a éduqués avec des phrases du genre :

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« Si ta femme parle trop, tu peux lui en coller une, hein, c’est pas grave. Aujourd’hui, les gens se rendent compte que c’est mal, qu’un geste physique a des répercussions terribles. »

Touchées, diffusée ce jeudi, à partir de 21h10, sur TF1, suit les parcours de trois femmes victimes de violences sexuelles et sexistes, incarnées par Mélanie Doutey, Claudia Tagbo et Chloé Jouannet. Elles se retrouvent lors d’une thérapie de groupe autour de la pratique de l’escrime.

 

Alexandra Lamy : avec son téléfilm, elle lutte contre les violences faites aux femmes, ce jeudi sur TF1.

 

« Dans une première réalisation, on a mis toutes nos tripes »

Le téléfilm, couronné dimanche au Festival de la fiction télé de La Rochelle, est adapté de la bande dessinée du même titre, signée Quentin Zuitton. 

Alexandra Lamy se dit « bouleversée » par cette lecture. 

Lorsque le producteur Philippe Boëffard lui a proposé le projet, elle a voulu savoir dans quel rôle il l’imaginait.

Il a répondu qu’il pensait en fait à elle pour le concrétiser. 

« J’ai eu un petit choc », avoue celle que le public a découvert il y a vingt ans en tant que Chouchou dans Un garçon une fille.

Mais, titillée depuis plusieurs années à l’idée de passer derrière la caméra, elle n’a pas hésité longtemps :

« Je me suis dit que c’était le bon sujet, parce que, généralement, dans une première réalisation, on met tout son cran. »

Alexandra Lamy valorise son engagement féministe. 

Soutenue par La Maison des femmes, elle est active dans l’aide aux victimes de violence. 

« Pendant le premier confinement, j’ai beaucoup travaillé avec la gendarmerie afin de faire passer, via les commerces de proximité, des messages aux femmes victimes de violences conjugales », explique-t-elle.

 

Alexandra Lamy : avec son téléfilm, elle lutte contre les violences faites aux femmes, ce jeudi sur TF1.

 

« Quand on fait une fiction sur ce sujet, on a une responsabilité »

Une implication similaire à celle d’Andréa Bescond, dont  « À la folie« , un téléfilm sur l’influence du couple, a été récemment diffusé sur M6.

« On se connaît, on s’est souvent vu dans des manifestations, on travaille avec des associations. Je me suis rapproché d’elle il y a deux ans, précise Alexandra Lamy.

Elle a été mon premier choix pour le rôle de thérapeute. Je savais qu’elle allait trouver les mots justes pour ce personnage, apporter de l’authenticité. Quand vous faites une fiction sur ce sujet, vous avez une responsabilité. Je ne voulais pas être à côté de la plaque ou être blâmé pour la moindre phrase. »

La réalisatrice espère, « sans aucune prétention », faire bouger les choses.

Pendant plusieurs mois, elle montre « Touchées » dans des lycées ou dans les locaux de diverses associations. 

Elle prévoit également de sillonner la France en minibus pour « faire de la prévention auprès des jeunes ». 

« Ce film est un support pédagogique. Il y a des associations qui nous disent : « On a eu des victimes qui ont pu s’exprimer alors qu’on travaille avec elles depuis des mois et qu’elles ne parlent pas. Là, tout à coup, voyant « Touchées » elles disent : « Je suis comme Tamara, je me scarifie ».

C’est plus facile de dire qu’on se retrouve dans tel ou tel personnage que de raconter ce qu’on vit.

 

« La reconstruction est possible »

Certaines sessions de questions-réponses après les projections publiques durent facilement plus d’une heure. 

« Les femmes nous remercient, disent que ça leur donne de l’espoir, même si je n’aime pas ce mot », confie Alexandra Lamy.

Aujourd’hui, la parole s’est libérée, c’est bien, mais peut-on se reconstruire ? Je voulais montrer que oui, c’est possible. Si un jour tu pousses une porte, il y aura des gens qui seront là pour t’aider, pour t’accompagner. »

Alexandra Lamy remarque aussi que, systématiquement, lors des rencontres avec le public, « les premières personnes qui prennent la parole sont des hommes. 

Elle admet qu’elle craint qu’ils pensent que c’est un « film de femmes ». Elle constate que leurs réactions sont assez différentes.

« Je ne dis pas que tous les hommes sont des salauds, je ne les poursuis pas, donc je trouve que ça fait du bien aussi, analyse-t-elle. 

Le sujet parle personnellement à certains car il y a des victimes d’attouchements et de violences entre hommes. 

D’autres sont émus par la fraternité ou le processus de reconstruction. 

Certains nous disent qu’ils ne savaient pas ce que c’était que d’être maltraités et qu’il faut du temps pour s’en remettre. 

Je ne dis pas que c’est un film extraordinaire, mais les discussions qu’ils suscitent sont longues. 

C’est à votre tour d’être touché et d’en parler.

 

 

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Publié par Muriel Marchand

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